Cadiot-Badie - Chocolatier à Bordeaux

L’origine de la Maison CADIOT-BADIE ou la  naissance d’une authentique institution bordelaise

Rien ne prédispose le jeune Jean Emile Vène et son frère cadet Numa à un avenir de maîtres chocolatiers à leur arrivée à Bordeaux en 1825… Fils d’un débitant de tabac de Réalmont en Albigeois, bastide royale médiévale nichée entre Albi et Castres, ils ouvrent en effet rue Sainte Catherine un commerce hétéroclite. S’y côtoient pèle mêle bibelots, parfums, boîtes à cadeaux, fruits confits, chocolats, dragées et autres gourmandises…

Jean Emile est confiseur. Le mariage de Numa avec Annaly Lourse, issue d’une dynastie de pâtissiers chocolatiers d’origine suisse au savoir faire ancestral, apporte une complémentarité idéale à l’entreprise.

Trois générations plus tard, en 1900, Henri Vène, aux commandes depuis 1895, quitte la rue Sainte Catherine pour s’installer au …26 allées de Tourny. Il cède le magasin en 1903 aux sœurs Badie qui séparent alors définitivement les 2 activités: tandis que Marie gère la parfumerie contigüe, Antoinette développera pendant 33 ans ce qui devient la « Confiserie A. Badie, Successeur de Vène frères, maison fondée en 1825 », une appellation qui confère désormais une dimension qualitative et traditionnelle à la future chocolaterie bordelaise.

Antoinette Badie décède en 1936, et à l’orée de la guerre, Roger Cadiot, alors pâtissier rue Sainte Catherine, à deux pas des Allées de Tourny, et son épouse Lucienne réalisent un rêve en rachetant le magasin en 1939. Grâce à leur professionnalisme et au caractère exceptionnel de madame Cadiot, l’enseigne survivra à l’occupation allemande, aux restrictions réglementaires et à la pénurie de cacao jusqu’en 1945 ! En dépit de la disparition de son mari en 1949, Lucienne Cadiot poursuit l’expansion de la maison : celle que Jacques Chaban-Delmas surnomme bientôt « Ma championne » innove sans cesse… Elle crée à partir du dessin d’une vieille boîte retrouvée dans sa cave un nouvel emblème pour sa chocolaterie Cadiot-Badie : la silhouette d’un jeune marquis qu’elle associe aux armoiries de la ville, le marquis de Tourny. Elle réalise ainsi un excellent et judicieux contrepoint à la luxueuse image de la Marquise de Sévigné, chocolaterie de luxe de Royat en Auvergne qui disparaitra, elle, en 1970.

En 1963, alors âgée de 72 ans, elle cède le magasin à Roger-Jacques Delpech déjà propriétaire de la grande pâtisserie Jegher du Cours du Jardin Public. Son fils Guy, s’engage avec passion dans le développement de la maison tout en en préservant précieusement l’esprit et la tradition…

En 1986, Roger Meynard et son fils Jean-René, depuis 7 ans à l’œuvre dans la maison, reprennent la boutique. Ils perpétuent la tradition mêlée d’innovation qui caractérise la maison Cadiot-Badie. Ils créent en 1988, la célèbre truffe de Bordeaux, ganache à base de grain de raisin et de Fine de Bordeaux, baptisée « Diamant noir ».

Enfin, dernier rebondissement de la saga Cadiot-Badie : en 1997, Serge Michaud, hédoniste à l’esprit ouvert et entreprenant par nature, rencontre Yves Landry, chef de fabrication d’une confiserie bordelaise : ensemble ils rachètent Cadiot-Badie. La solide expérience en communication et en développement du premier complète parfaitement la technicité et l’intense créativité du second. Dix années durant, la réputation de la maison s’étend et la gamme s’étoffe avec des créations audacieuses : le Citrus (ganache à la mousse de citron vert), le Mandalay (chocolat noir au confit de gingembre)…

En 2005, la maison se dote d’un laboratoire complété d’une seconde boutique rue Eugène Chevreul à Pessac : une vitrine au sens propre du terme car les clients peuvent y assister en direct à la fabrication du chocolat…

En 2007, Yves Landry fonde sa propre maison et Serge Michaud, désormais rompu à tous les secrets du chocolat, conserve seul les rênes de la Maison Cadiot-Badie. Il associe une exigence de fabrication sans faille, un travail de recherche et développement constant dans l’atelier de Pessac avec le chef Jean René Meynard puis Dorian Camus et des voyages programmés tous les ans à la découverte des pays producteurs des meilleurs crus de cacao (Vietnam, Cameroun, Pérou…).
Ainsi chaque année de nouvelles et audacieuses créations enrichissent la gamme : le « Thé à la bergamote », la « Créole » (déclinaison exotique de la guinette, au rhum et habillée de chocolat au lait aux 5 épices), le « Mont blanc » au poivre de Sichuan… Cadiot-Badie prouve ainsi au quotidien que tradition et innovation se complètent parfaitement.